Dessiner
Tout commence dans les carnets : des lignes qui hésitent, des courbes qui reviennent, page après page, jusqu'à ce que la forme tienne debout.
Reliefs · papier · pigments purs
Déplacez la lumière
(01) — Manifeste
Je tranche le papier
, il hésite, se plie, puis se soulève comme une respiration. Au pinceau , je pose le pigment couche après couche, jusqu'à ce que la couleur devienne velours. Et quand la lumière entre
, les ombres viennent écrire ce que je n'avais pas prévu. Je cherche quelque chose sans toujours savoir quoi. Parfois, c'est l'œuvre qui me trouve.
(02) — Aperçu
Bleu, rouge, jaune, noir, blanc. Chaque série pose la même question : que devient une couleur quand elle quitte la surface pour prendre du relief ?
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(03) — Qui est René
Je suis né à Lyon en 1964. Aujourd'hui, je vis à Nice, dans un atelier où la mer entre par la fenêtre. J'ai appris seul, longtemps, avant qu'Henri Baviera ne me tende la gravure comme on tend une clé. Depuis 1999, elle ne m'a plus quitté ; elle m'a valu quelques prix, à Château-Arnoux en 2002 et à Bergame en 2005.
De la gravure, j'ai gardé le goût du papier, la mémoire de l'empreinte, le poids de la presse. Mes reliefs en sont le prolongement : je découpe le papier moulin, je superpose, je gaufre, puis je pose le pigment pur au pinceau, couche après couche, jusqu'à ce que le papier s'en souvienne.
Le bleu revient toujours, comme une langue maternelle. Le rouge, le jaune, le noir et le blanc lui répondent. Et chaque jour, la même chose me surprend : l'œuvre change avec la lumière.
(03) — Parcours & distinctions
(04) — Comment René travaille
Nice. Une fenêtre ouverte sur la Méditerranée, une grande table, du papier moulin, des pots de pigment.
Tout naît ici, à la main, au rythme de la lumière.




La couleur nue, sans liant ni vernis.
Une poussière de couleur, prise à pleines mains, posée couche après couche.
Une surface mate et profonde, qui boit la lumière.
C'est elle qui sculpte le relief, heure après heure.
(04) — La matière01 / 04
Tout commence dans les carnets : des lignes qui hésitent, des courbes qui reviennent, page après page, jusqu'à ce que la forme tienne debout.
Au cutter et à la règle, le papier est tranché en lanières, en arcs, en plans. Chaque coupe prépare une ombre à venir.
Le pigment pur est déposé au pinceau, couche après couche. Pas de peinture : la couleur garde son grain, sa profondeur de velours.
Héritage de la gravure : sous la presse, le papier humide épouse la matrice. Le rouleau passe, et la forme s'imprime dans la fibre comme un souvenir.
On soulève la feuille. Le relief apparaît, blanc sur blanc, comme une respiration. La lumière fera le reste.





(05) — Les couleurs
Une sélection de reliefs, du bleu au blanc. À mesure que vous avancez, le fond se teinte de la couleur que vous traversez.
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(06) — Gravures
Avant le pigment, il y a eu la gravure. Il en reste ces feuilles blanches, sans encre : le papier est entaillé, pressé, soulevé. Une ligne s'enfonce, une forme se lève, et c'est l'ombre qui dessine.
Chaque gravure est tirée en petite série et signée au crayon.


